A propos du Val d'Adour

Espace documentaire

Pays - Identité - Eléments d’architecture

Organisation architecturale et savoir-faire populaires

Le matériau dominant , le galet, est extrait de l’Adour. Pierre souvent cristalline, arrachée aux parois pyrénéennes par l’érosion glaciaire, elle a été polie au gré des courants par les sables. Le galet de l’Adour, à l’état brut, est partout présent : sur les plages du cours d’eau, dans les champs, noyé dans le sol argileux.
Le galet est également omniprésent dans les constructions, visible sur les murs d’enceinte et les bâtiments d’élevage traditionnels, plus discret sur les corps d’habitation car dissimulé par des enduits de chaux qui constituent un traitement esthétique et plus soigné.
Si le galet est encore présent sur les cantons gersois, il laisse peu à peu la place à un grès siliceux plus tendre, de couleur jaune. Le grès est alors associé aux techniques de terre crue (pisé, torchis, adobe utilisant l’argile plus répandue sur la vallée de l’Arros et des Lées) moins résistantes dans lesquelles on retrouve la chaux omniprésente tant dans les mortiers, les enduits que dans les badigeons colorés par des terres et oxydes naturels (ocres jaunes, terre d’ombre brûlée, oxydes de fer et de cuivre). On retrouve certaines particularités dans l’architecture du Vic Bilh dont l’essentiel des bâtisses a été construit entre le XVIe et le XIXe siècle : les couvertures à forte pente de tuiles picon.

Le maillage urbain des bourgs-centres

Le maillage urbain des bourgs-centres vient apporter une autre caractéristique architecturale du Val d’Adour qui se révèle au travers des bastides et des castelnaux. Leur mise en place s’étend entre l’An Mil et le début du XIVe Siècle, période de renouveau économique et démographique.
La structuration de ces villages s’effectue d’abord autour d’une abbaye (le plus souvent cistercienne) comme à Saint Mont et à Tasque (32), ou autour des châteaux qui donneront naissance aux castelnaux (Riscle, Tillac, Madiran, Castelnau Rivière Basse), agglomérations fortifiées dont peu de traces persistent encore dans le Val d’Adour. L’habitat y est dense et groupé et renvoie à une volonté seigneuriale de mieux contrôler et dominer les populations tout en cherchant à les protéger.
La création des bastides, plus nombreuses dans le Val d’Adour (Maubourguet, Vic en Bigorre, Plaisance, Marciac, Miélan, Barcelonne, Beaumarchés, Lembeye, Garlin...), va suivre celle des castelnaux et se concentrer durant la fin du XIIIe et le début du XIVe. L’enjeu de ces villes construites de toutes pièces, était de capter les fruits de la croissance économique en créant des pôles commerciaux, de mieux assurer le contrôle des populations et enfin d’asseoir le pouvoir des capétiens sur des territoires détenus encore pour partie par le royaume d’Angleterre. L'habitat s’organise en îlots rectangulaires séparés par un réseau de rues orthogonales.
Au centre, l’espace est laissé libre pour les échanges commerciaux. Cette place cernée de maisons souvent à arcades, accueillera la halle, témoin actuel des anciennes bastides (Vic en Bigorre, Maubourguet, Rabastens, Lembeye...).
Aujourd’hui, elles conservent tout le charme de cet habitat médiéval demandant à être valorisé.

Les moulins
On en dénombre plus d’une trentaine sur l’ensemble du territoire. Ils témoignent de la valorisation industrielle des cours puisque tous sont hydrauliques.
Ils étaient avant tout le siège des transformations de produits agricoles : blé, maïs, sarrasin, moutarde. Les plus importants pouvaient combiner ces fonctions avec celles de foulon (traitement textile) et par la suite abriter des micro-centrales électriques comme cela fut le cas à Plaisance, premier bourg qui fut équipé de l’électricité publique, au XIXe siècle.
Aujourd’hui, peu restent encore en service. Certains ont été réhabilités en gîtes, ce qui préserve le caractère patrimonial de ces édifices. Le tissu associatif local s’est mobilisé ces dernières années pour favoriser la redécouverte de ce patrimoine et s’est engagé dans des opérations de sauvegarde afin de réduire le processus d’abandon.